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Enquête

Un bien qui reste en ligne trop longtemps : les mécanismes à connaître

Un bien qui reste longtemps en ligne n’est pas victime du hasard : la durée est la conséquence d’un écart entre ce que l’annonce propose et ce que les acheteurs du moment attendent. Plus cet écart dure, plus il pèse, car l’ancienneté de l’annonce devient elle-même un message. Il se corrige d’autant mieux qu’il est identifié tôt.

Par Vincent De Bergh, conseiller immobilier à Groléjac

Dossier 02Publié le 4 min de lecture

Fenêtre à volets sur une façade en pierre blonde
Dans cette enquête

    Les premières semaines ne se rejouent pas

    Au moment de sa mise en ligne, une annonce est une nouveauté pour tous les acheteurs qui cherchent déjà dans le secteur, souvent depuis des mois, et qui reçoivent des alertes. Elle bénéficie alors de l’attention de tous ces acheteurs à la fois.

    Si elle ne convainc pas à ce moment-là, ces acheteurs la classent. Quand le prix baisse plus tard, une partie d’entre eux ne revient pas la regarder, et les autres se demandent pourquoi elle n’est pas partie. Le premier prix compte donc plus que tous ceux qui suivent.

    Le premier prix compte plus que tous ceux qui suivent.

    Ce que disent les études

    Deux travaux universitaires, menés sur des marchés étrangers, décrivent bien ce mécanisme :

    • une étude publiée en 2002 dans la revue Real Estate Economics montre que les biens dont le prix affiché a fortement baissé en cours de vente mettent plus de temps à se vendre et se vendent finalement moins cher ; l’auteur en conclut que surévaluer au départ a un coût ;
    • une étude publiée en 2003 dans le Journal of Real Estate Finance and Economics montre qu’un prix affiché plus élevé allonge le temps de vente attendu, et que les biens retirés de la vente sans avoir trouvé preneur avaient en moyenne des prix affichés plus élevés.

    Pour la France, l’étude du réseau Laforêt sur le troisième trimestre 2026, reprise par SeLoger le 7 octobre 2026, donne un délai moyen de vente de 101 jours, contre 95 un an plus tôt. C’est une moyenne nationale, pas une norme : elle sert de repère, pas d’objectif.

    Ce que montrent les études citées

    ÉtudeCe qu’elle montrePortée
    Knight, Real Estate Economics, 2002les biens dont le prix affiché a fortement baissé se vendent plus lentement, et finalement moins cherMarché étranger
    Anglin, Rutherford et Springer, Journal of Real Estate Finance and Economics, 2003un prix affiché plus élevé allonge le temps de vente attendu ; les biens retirés sans preneur avaient en moyenne des prix affichés plus élevésMarché étranger
    Étude Laforêt, reprise par SeLoger le 7 octobre 2026délai moyen de vente de 101 jours, contre 95 un an plus tôtFrance, moyenne nationale

    Les causes les plus fréquentes

    • Un prix d’entrée au-dessus du marché, souvent fixé à partir d’annonces voisines plutôt que de ventes signées.
    • Une annonce incomplète : des informations attendues par l’acheteur, et pour certaines obligatoires, comme la classe énergie ou les dépenses annuelles d’énergie, manquent ou sont peu lisibles.
    • Une diffusion qui ne touche pas le bon public, par exemple des acheteurs qui vivent loin et cherchent sur d’autres sites ou dans une autre langue.
    • Des visites peu préparées, avec des visiteurs dont le projet ou le financement ne correspondait pas.

    Le contexte du Périgord Noir

    En Dordogne, 13 % des logements sont des résidences secondaires, et environ un propriétaire de résidence secondaire sur dix vit au Royaume-Uni, selon l’Insee (données 2022, publiées en avril 2025). Une partie des acheteurs potentiels peut donc chercher à distance et ne visiter qu’à l’occasion d’un séjour dans la région.

    Cela peut allonger un cycle de vente sans que le prix soit en cause. C’est une raison de plus pour distinguer un délai qui s’explique par le public visé d’un délai qui signale un écart de prix ou de présentation.

    Les chiffres clés

    101 jours délai moyen de vente, contre 95 un an plus tôt France, 3e trimestre 2026 · étude Laforêt, via SeLoger

    13 % des logements de Dordogne sont des résidences secondaires Insee, données 2022, publiées en avril 2025

    1 sur 10 propriétaires de résidence secondaire en Dordogne vit au Royaume-Uni, environ Insee, données 2022

    Baisser le prix : un plan plutôt qu’une réaction

    Des baisses successives et modestes ont un effet limité : chacune passe presque inaperçue, et l’ensemble laisse l’impression d’un vendeur pressé. Une décision de prix se prépare avec les ventes comparables, et elle vous appartient toujours.

    En résumé

    Un bien qui reste en ligne trop longtemps envoie un signal aux acheteurs, et ce signal se renforce avec le temps. Les études convergent : le prix d’entrée pèse sur toute la suite. Le plus utile est de reprendre le dossier à froid, avec les ventes réelles du secteur, pour savoir ce qui bloque avant de décider quoi changer.

    Ce que l’article ne dit pas

    Sur le papier, les mécanismes sont connus. Sur le terrain, chaque bien a son histoire, et ce qui le retient en ligne est rarement ce qu’on croit. Le repérer, c’est mon métier.

    Me parler de votre annonce

    la suite se joue chez vous,
    autour d’un café

    pour aller plus loin

    Situer votre maison face aux ventes réelles du secteur.

    Je compare votre bien aux ventes signées autour de lui et aux annonces qu’un acheteur verra à côté. Vous décidez ensuite, avec les éléments en main.

    Ou appelez-moi au 07 82 93 00 00, tous les jours de 9 h à 20 h.

    Ruelle de village en pierre blonde

    des chiffres d’ici,
    racontés simplement