Passer au contenu principal

Enquête

De bonnes photos et un texte correct ne suffisent pas : ce qui bloque une annonce soignée

Des photos soignées et un texte correct sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas à vendre : ils donnent envie de cliquer, pas forcément de visiter ni de faire une offre. Quand une annonce bien présentée ne fonctionne pas, le blocage se trouve ailleurs : dans la cohérence entre l’image et le prix, dans les informations qui manquent, ou dans le public qui la voit.

Par Vincent De Bergh, conseiller immobilier à Groléjac

Dossier 03Publié le 4 min de lecture

Terrasse en pierre avec vue sur une vallée verte
Dans cette enquête

    Les photos ouvrent la porte, elles ne la font pas franchir

    L’effet des photos est réel. Le réseau américain Redfin a comparé, dans une étude de 2013 sur ses propres annonces, des maisons photographiées avec un appareil reflex et des maisons photographiées en amateur : pour les maisons affichées entre 200 000 dollars et un million de dollars, les premières se vendaient en moyenne plus cher par rapport à leur prix affiché, et les annonces aux photos les plus nettes se vendaient plus souvent au prix ou au-dessus.

    La même étude montre aussi une limite : au-delà d’un million de dollars, les écarts de prix disparaissaient. La qualité de l’image aide un bien bien placé ; elle ne compense pas un écart de prix ou un défaut que l’acheteur découvre ensuite.

    La qualité de l’image aide un bien bien placé ; elle ne compense pas un écart de prix ou un défaut que l’acheteur découvre ensuite.

    Quand l’image et le prix ne racontent pas la même histoire

    De belles photos élèvent les attentes. Si le prix situe la maison dans une gamme où les concurrentes offrent davantage, l’acheteur clique, compare, puis passe à la suivante. À l’inverse, des photos trop flatteuses, grand angle et lumière parfaite, amènent des visiteurs qui sont déçus sur place : la visite a lieu, l’offre ne vient pas.

    Une situation fréquente : beaucoup de vues sur l’annonce, peu de demandes. C’est souvent le signe d’un décalage entre ce que montrent les photos et ce qu’annonce le prix.

    Les informations que l’acheteur cherche

    Un texte « correct » peut rester muet sur ce qui décide un acheteur. Certaines informations sont d’ailleurs obligatoires dans une annonce publiée par un professionnel : classe énergie et classe climat, montant estimé des dépenses annuelles d’énergie avec l’année de référence, honoraires et qui les paie, et, si un état des risques est requis, un renvoi vers le site Géorisques.

    D’autres ne sont pas obligatoires mais attendues : type d’assainissement et état du contrôle, montant de la taxe foncière, surface et configuration du terrain, distances vers les commerces, l’école ou la gare, travaux réalisés et à prévoir. La performance énergétique compte aussi dans le prix : selon les Notaires de France (étude publiée le 7 janvier 2026), les logements très énergivores se sont vendus moins cher en 2024. Une annonce qui l’assume et l’explique inspire plus confiance qu’une annonce qui la cache.

    Ce que l’acheteur cherche dans une annonce

    InformationDans une annonce de professionnel
    Classe énergie et classe climatObligatoire
    Dépenses annuelles d’énergie estimées, avec l’année de référenceObligatoire
    Honoraires, et qui les paieObligatoire
    Renvoi vers le site Géorisques, si un état des risques est requisObligatoire
    Type d’assainissement et état du contrôleAttendue
    Montant de la taxe foncièreAttendue
    Surface et configuration du terrainAttendue
    Distances vers les commerces, l’école ou la gareAttendue
    Travaux réalisés et à prévoirAttendue

    Mentions obligatoires : INC, « Vente immobilière : le contenu minimal d’une annonce », 2023.

    Le bon public voit-il l’annonce ?

    En Dordogne, 13 % des logements sont des résidences secondaires et environ un propriétaire de résidence secondaire sur dix vit au Royaume-Uni, d’après l’Insee (données 2022, publiées en avril 2025). Pour une maison qui peut intéresser une clientèle de résidence secondaire ou étrangère, une annonce diffusée seulement en français, sur les sites que consultent les acheteurs locaux, peut passer à côté d’une partie de son public.

    Les chiffres clés

    13 % des logements de Dordogne sont des résidences secondaires Insee, données 2022, publiées en avril 2025

    1 sur 10 propriétaires de résidence secondaire en Dordogne vit au Royaume-Uni, environ Insee, données 2022

    Comment on corrige

    Je reprends l’annonce du point de vue de l’acheteur : une première photo qui montre ce qui fait la valeur de la maison, des photos fidèles plutôt que spectaculaires, un texte qui répond aux questions avant qu’elles soient posées, les documents prêts à être transmis. Si les retours de visite montrent un écart de prix, nous en parlons avec les ventes comparables en main, et la décision vous appartient.

    En résumé

    Une annonce soignée qui ne fonctionne pas a le plus souvent un point faible qui ne se voit pas sur les photos : un prix qui ne correspond pas à l’image, des informations absentes, un public mal touché ou des visites mal préparées. Le diagnostic commence par une estimation appuyée sur les ventes réelles du secteur.

    Ce que l’article ne dit pas

    Sur le papier, une annonce soignée a tout pour plaire. Sur le terrain, chaque maison a son histoire, chaque annonce son point de blocage, et c’est rarement celui qu’on croit. Le repérer, c’est mon métier.

    Me parler de votre annonce

    la suite se joue chez vous,
    autour d’un café

    pour aller plus loin

    Situer votre maison face aux ventes réelles du secteur.

    Je compare votre bien aux ventes signées autour de lui et aux annonces qu’un acheteur verra à côté. Vous décidez ensuite, avec les éléments en main.

    Ou appelez-moi au 07 82 93 00 00, tous les jours de 9 h à 20 h.

    Ruelle de village en pierre blonde

    des chiffres d’ici,
    racontés simplement