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Guide · Vendeurs

La fiscalité de la vente : plus-value, succession et frais du vendeur

La vente de votre résidence principale n’est pas imposée. Pour une résidence secondaire ou un bien hérité, la plus-value est imposée à 19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements qui mènent à une exonération totale après 22 ans de détention pour l’impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Le notaire calcule l’impôt et le règle le jour de la vente, sur le prix ; votre notaire est la référence pour votre situation.

Par Vincent De Bergh, conseiller immobilier à Groléjac

7 min de lectureÀ jour en octobre 2026

  • 0 €d’impôt sur votre résidence principale
  • 22 anspour l’exonération d’impôt
  • 30 anspour les prélèvements sociaux
  • 19 %d’impôt + 17,2 % de prélèvements
Hameau en pierre entre champs et noyeraies
Dans ce guide

    Résidence principale : pas d’impôt sur la plus-value

    Vendre sa résidence principale ne coûte aucun impôt sur la plus-value.

    La plus-value réalisée en vendant sa résidence principale est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux. Le logement doit être votre résidence principale au jour de la vente. Une maison libérée avant la vente garde en général cette exonération si elle est vendue dans un délai normal et n’a pas été louée ni prêtée entre-temps.

    Les dépendances immédiates vendues en même temps que la maison, comme un garage ou un jardin, suivent la même règle.

    Résidence secondaire : comment se calcule la plus-value

    Prix de vente moins prix d’achat, chacun corrigé de certains frais et travaux.

    La plus-value est la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, chacun corrigé de certains frais :

    • prix de vente, diminué de certains frais payés par le vendeur, comme les honoraires d’agence à sa charge ;
    • prix d’acquisition, augmenté des frais d’acquisition : leur montant réel justifié, ou un forfait de 7,5 % du prix d’achat ;
    • travaux de construction, d’agrandissement ou d’amélioration faits par des entreprises : leur montant réel justifié, ou, après plus de 5 ans de détention, un forfait de 15 % du prix d’achat.

    Les abattements pour durée de détention s’appliquent ensuite. Le notaire réunit les justificatifs et établit la déclaration (formulaire n° 2048-IMM).

    Les abattements pour durée de détention

    Plus vous gardez le bien longtemps, moins la plus-value est imposée : faites glisser le curseur.

    Faites glisser

    Abattement sur l’impôt (19 %)

    exonération après 22 ans

    Abattement sur les prélèvements sociaux (17,2 %)

    exonération après 30 ans

    Barème en vigueur en octobre 2026, en années pleines de détention ; pour une résidence secondaire ou un bien hérité. Votre notaire calcule la plus-value réelle.

    À partir de la sixième année, la plus-value est réduite chaque année, selon deux barèmes :

    Années de détentionImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
    Jusqu’à 5 ansAucun abattementAucun abattement
    De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
    22e année4 % : exonération totale1,60 %
    De la 23e à la 30e annéeExonéré9 % par an : exonération totale après 30 ans

    La durée se compte d’une date d’acquisition à la date de la vente. Pour un bien hérité, elle part du jour du décès.

    Les taux et la taxe sur les plus-values élevées

    19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, après abattements.

    • Impôt sur le revenu : 19 % de la plus-value après abattements.
    • Prélèvements sociaux : 17,2 %. La hausse de la CSG votée pour 2026 sur certains revenus du capital ne s’applique pas aux plus-values immobilières.
    • Taxe sur les plus-values élevées : de 2 % à 6 % quand la plus-value imposable dépasse 50 000 €.

    Le notaire calcule ces montants, dépose la déclaration et règle l’impôt pour le vendeur, sur le prix de vente, au moment de l’acte. Le vendeur reçoit le solde.

    Les cas d’exonération

    Au-delà de la résidence principale, d’autres situations ouvrent droit à une exonération.

    En plus de la résidence principale et de la durée de détention, la loi prévoit notamment, chacune sous conditions :

    • la première vente d’un logement autre que la résidence principale, quand le vendeur n’a pas été propriétaire de sa résidence principale dans les 4 ans précédents et remploie le prix dans l’achat de sa résidence principale dans les 24 mois ;
    • la vente d’un bien dont le prix ne dépasse pas 15 000 € ;
    • la vente par un retraité ou une personne invalide aux revenus modestes, selon des plafonds fixés chaque année ;
    • la vente à un organisme de logement social, jusqu’au 31 décembre 2027 ;
    • l’expropriation, quand l’indemnité est remployée.

    Le notaire vérifie si l’une d’elles s’applique et l’indique dans l’acte.

    Un gîte ou une location meublée

    Un gîte se vend selon les mêmes règles, avec une nouveauté depuis 2025 pour le régime réel.

    Une maison louée en meublé, gîte compris, se vend selon les mêmes règles de plus-value des particuliers. Depuis les ventes du 15 février 2025, si le loueur était au régime réel, les amortissements déduits de ses revenus de location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Les abattements pour durée de détention s’appliquent ensuite, avec la même exonération après 22 et 30 ans. Pensez à réunir les déclarations de vos revenus de location pour le notaire.

    Vendeur non résident : Royaume-Uni, Union européenne et ailleurs

    Vivre hors de France change surtout les prélèvements sociaux et, parfois, demande un représentant fiscal.

    Un vendeur qui ne réside pas fiscalement en France est imposé en France sur la plus-value d’un bien situé en France :

    • 19 % d’impôt, quel que soit le pays de résidence ;
    • prélèvements sociaux : 17,2 % en principe ; une personne affiliée à un régime obligatoire de sécurité sociale d’un pays de l’Espace économique européen, de Suisse ou, sous conditions, du Royaume-Uni paie seulement le prélèvement de solidarité de 7,5 % ;
    • ancienne résidence principale : exonérée si elle est vendue au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit le départ, vers un pays de l’Union européenne ou lié à la France par une convention d’assistance, sans avoir été louée ni prêtée entre-temps ;
    • exonération jusqu’à 150 000 € de plus-value nette, une fois, pour un ancien résident de France pendant au moins 2 ans, sous des conditions de nationalité, de délai et de libre disposition du bien.

    Un vendeur domicilié hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, ce qui est le cas du Royaume-Uni depuis 2021, désigne en principe un représentant fiscal accrédité. Il en est dispensé si le prix ne dépasse pas 150 000 €, si la plus-value est totalement exonérée par la durée de détention, ou pour son ancienne résidence principale exonérée. Prévenez le notaire tôt : la désignation demande du temps.

    Succession et indivision

    Pour un bien hérité, tout part de la déclaration de succession et du jour du décès.

    Pour un bien reçu par succession, la base de calcul est la valeur déclarée dans la déclaration de succession. Les frais réellement payés, comme les droits de succession et les frais d’acte se rapportant au bien, s’y ajoutent ; le forfait de 7,5 % ne s’applique pas. La durée de détention part du jour du décès.

    Plusieurs héritiers forment une indivision :

    • la vente demande en principe l’accord de tous ;
    • à défaut, les héritiers qui réunissent au moins les deux tiers des droits peuvent engager, chez un notaire, une procédure prévue par le Code civil, qui peut aboutir à une vente autorisée par le tribunal ;
    • la plus-value se calcule pour chaque vendeur, sur sa part ; l’exonération de résidence principale ne vaut que pour celui qui y habitait.

    Le notaire chargé de la succession établit l’attestation de propriété, calcule l’impôt éventuel et répartit le prix entre les héritiers.

    Taxe foncière et autres frais du vendeur

    La taxe foncière se partage en général au prorata ; les frais de notaire sont pour l’acquéreur.

    La taxe foncière de l’année est due en entier par le propriétaire au 1er janvier. Le compromis et l’acte prévoient en général que l’acquéreur rembourse au vendeur la part de l’année qui suit la vente, au prorata : c’est un accord entre les parties, l’administration fiscale s’adresse au vendeur.

    Les frais de notaire sont payés par l’acquéreur. Selon la situation, le vendeur prévoit :

    • les diagnostics ;
    • les honoraires d’agence, quand le mandat les met à sa charge ;
    • le remboursement du prêt en cours et, selon le contrat, des indemnités de remboursement anticipé ;
    • les frais de mainlevée de l’hypothèque ou du privilège de prêteur ;
    • l’impôt sur la plus-value, pour une résidence secondaire.

    Questions fréquentes

    Je vends ma résidence principale : y a-t-il un impôt ?

    Non. La plus-value sur la résidence principale est exonérée d’impôt et de prélèvements sociaux.

    Qui calcule et paie l’impôt sur la plus-value ?

    Le notaire. Il établit la déclaration et règle l’impôt sur le prix de vente le jour de l’acte ; vous recevez le solde.

    Après combien d’années une résidence secondaire n’est-elle plus imposée ?

    Après 22 ans de détention pour l’impôt sur le revenu, et après 30 ans pour les prélèvements sociaux.

    J’habite au Royaume-Uni : qu’est-ce qui change ?

    Le taux de 19 % est le même. Si vous êtes affilié à la sécurité sociale britannique, vous payez en général le prélèvement de solidarité de 7,5 % au lieu de 17,2 %. Au-delà de 150 000 € de prix, un représentant fiscal est en principe désigné, sauf exonération. Votre notaire vous indique ce qui s’applique.

    Qui paie la taxe foncière l’année de la vente ?

    Le vendeur, propriétaire au 1er janvier. L’acte prévoit en général que l’acquéreur lui rembourse la part de l’année qui suit la vente.

    Et le prix de votre maison ?

    La règle fiscale est la même pour tous ; le prix de votre maison n’appartient qu’à elle.

    La règle fiscale est la même pour tous ; le prix de votre maison, lui, n’appartient qu’à elle. Votre notaire est la référence pour votre plus-value. Le prix, nous le regardons ensemble, chez vous, à partir des ventes réellement signées autour.

    Faire estimer ma maison

    Sources

    à garder

    Ce guide en PDF, dans votre boîte e-mail.

    Les mêmes conseils en quelques pages, à imprimer ou à partager avec vos proches.

    Il arrive bien plus vite qu’un acte chez le notaire.

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